En début d’année 2025, je me suis lancé un défi ambitieux : écrire un roman par mois et créer une nouvelle collection, Le Phenix Sports Club.
J’étais convaincue d’y arriver. J’avais déjà écrit Coup de foudre — sous le nom de plume Maude Perrier — en quinze jours, et plusieurs tomes de La Perle à un rythme encore plus soutenu. À l’époque, l’écriture occupait presque tout l’espace.
Mais une chose m’a échappé : ma vie avait changé.
Une vie personnelle plus dense, plus riche, a naturellement grignoté le temps que je pouvais consacrer à mes romans. À cela se sont ajoutés un travail à Paris, me tenant éloignée de mon ordinateur de 7 h à 19 h, et des épisodes de migraines à répétition. Dans ces conditions, le défi s’est révélé bien plus difficile que prévu.
J’y ai cru malgré tout. Par entêtement, sans doute. Et peut-être aussi par naïveté.
Le bilan est clair : je n’ai pas écrit douze romans, mais dix. Dix histoires mêlant sport et romance, dix récits ancrés dans des univers différents, dix livres qui forment aujourd’hui une collection cohérente et aboutie.
Dans la vie, l’une des citations qui m’accompagnent le plus est celle d’Oscar Wilde :
« Il faut toujours viser la Lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles. »
Douze romans représentaient la Lune. Je ne l’ai pas décrochée. Mais les étoiles sont bien là, et elles comptent.
Les outils modernes au service de la création
2025 a aussi été l’année de nouvelles expérimentations, notamment celle du travail avec l’intelligence artificielle. Je l’ai utilisée comme un outil de réflexion : pour le brainstorming, les débuts de scènes, les blocages narratifs, ou encore pour explorer différentes pistes créatives.
Refuser ces outils serait, à mes yeux, rester figée alors que l’écriture évolue. Tout comme j’ai appris à utiliser un ordinateur plutôt qu’une machine à écrire, à travailler avec des correcteurs orthographiques ou des logiciels de gestion de manuscrits, l’IA a trouvé sa place dans ma boîte à outils.
Un point reste cependant essentiel : je garde le contrôle total de mes textes. L’IA n’est pas un auteur. Elle ne remplace ni la créativité, ni la sensibilité, ni la vision. Elle suggère, je choisis. Elle ouvre des pistes, je décide du chemin. Chaque mot, chaque émotion, chaque personnage est façonné par moi.
Le grand saut vers l’écriture
Au-delà des romans, 2025 marque un tournant décisif dans mon parcours : j’ai quitté mon CDI pour me consacrer pleinement à l’écriture.
Après plus de vingt ans de salariat, ce choix peut sembler abrupt. Il l’est, sans doute. Mais écrire et vivre de mes romans est un désir qui m’accompagne depuis l’adolescence. Cette année, j’ai décidé de lui laisser toute la place.
Le mot qui a guidé cette transition est simple : Audace.
Pour 2026, un autre mot s’impose, moins flamboyant mais tout aussi nécessaire : Discipline.
Projets d’écriture pour 2026
L’année à venir sera volontairement plus resserrée. Deux projets majeurs structureront mon travail.
Le premier sera Emma, une réécriture de Coup de foudre, racontée cette fois du point de vue d’Emma — un personnage déjà croisé dans Sans filtre. Ce projet marque un retour aux origines : Alice est née de Maude, et Maude est née de Coup de foudre. La boucle se referme.
Le second projet prendra la forme d’une saga en quatre tomes, située dans le Far West, à l’époque de la ruée vers l’or. Aventure, femmes déterminées, passion et luttes dans un monde rude : un terrain totalement nouveau pour moi, et un défi d’écriture à la hauteur de mes envies.
Dix ans pour arriver ici
Certains avancent vite. D’autres mettent plus de temps.
Il m’a fallu dix ans pour atteindre ce point précis de mon parcours. Dix années de persévérance, de doutes, de remises en question, de renaissances successives. Dix ans à écrire ce que j’aimais, à me mettre en danger, à me réinventer.
Dix ans et deux noms de plume.
Mais surtout, dix ans pour construire une trajectoire d’autrice fidèle à ce que je suis.