Une semaine ordinaire — et c’est très bien comme ça
Il n’y a pas eu de grande annonce cette semaine. Pas de lancement, pas de milestone spectaculaire. Juste le travail — le vrai, celui qu’on ne voit pas de l’extérieur. Et c’est exactement pour ça que j’ai envie d’en parler.
La relecture du Tome 1 — chapitres 5 à 12
L’essentiel de ma semaine s’est passé sur la relecture des chapitres 5 à 12 de La Prisonnière de Twin Rivers. Pas d’écriture nouvelle. Juste ce va-et-vient lent entre le texte et moi — lire, ajuster, relire, douter, valider.
Ces chapitres, c’est le cœur battant du roman. Lydia s’évade — mais ne va pas loin. Elle croit tenir sa liberté, et puis non. Alma repousse les avances de la tenancière du bordel, avec cette raideur qu’elle oppose à tout ce qui pourrait l’atteindre. Et pendant ce temps, de nouvelles menaces arrivent à Twin Rivers — parce que dans ce Far West-là, le danger ne prend jamais vraiment de pause.
Relire ces scènes après les avoir écrites, c’est les voir avec des yeux différents. Plus froids, plus exigeants. On n’est plus dans l’élan de l’écriture — on est dans la précision. Et c’est là, dans ce travail silencieux, que la différence se fait entre un texte qu’on lit et un texte qu’on ressent.
Les coulisses techniques : Brevo et le nouveau site
En parallèle — parce qu’il y a toujours un en parallèle — j’ai finalisé deux choses qui me pesaient depuis un moment.
D’abord, la migration de Mailchimp vers Brevo pour mes newsletters. Ce genre de tâche, on la repousse parce qu’elle fait peur. Et puis on se lance, et on réalise que c’est faisable — pas sans accrocs, mais faisable. C’est fait. Je tourne la page.
Et puis, le site. Le site est terminé. Refait de zéro, pensé pour refléter qui je suis aujourd’hui en tant qu’autrice — pas qui j’étais il y a trois ans. C’est un soulagement que je n’avais pas anticipé. Comme ranger une pièce qu’on avait laissée en désordre trop longtemps.
Samedi soir : Billy Bob’s, Scream, et l’art de changer d’univers
Samedi soir, j’ai tout fermé. Doriane m’avait convaincue — d’abord un détour par le Billy Bob’s, histoire de s’imprégner de l’ambiance western avant d’aller au cinéma. C’était parfait. Un peu décalé, un peu kitsch, exactement ce qu’il fallait pour déconnecter.
Et puis Scream. Un film que je ne connaissais pas — honnêtement, ce n’est pas vraiment mon genre. Mais Doriane avait insisté, et j’ai appris depuis longtemps qu’écouter Doriane est rarement une mauvaise idée. J’ai été agréablement surprise. Bien plus que je ne l’aurais parié.
Ce que j’aime dans ces soirées, c’est cette sensation de plonger dans un autre monde — complètement, brutalement, sans transition. Couper le fil. Oublier pendant deux heures le manuscrit, les deadlines, les listes.
Et en rentrant, j’ai réalisé quelque chose. Ce besoin de changer d’univers — de me couper du monde réel pour en habiter un autre — c’est sans doute pour ça que j’ai choisi de remonter le temps avec mes héroïnes cette année. Le Far West de 1877, ses grands espaces, sa violence et sa liberté. Un monde radicalement autre. Un endroit où aller quand celui-ci pèse trop.
L’écriture comme évasion. La lecture comme refuge. Et de temps en temps, un cinéma dans le noir — ça fonctionne aussi.
Ce que cette semaine m’a rappelé
Les semaines ordinaires ont mauvaise presse. On leur préfère les lancements, les annonces, les grandes décisions. Mais ce sont elles qui font le fond du métier. Ce sont elles qui font avancer les manuscrits, qui solidifient les outils, qui construisent silencieusement ce qu’on verra enfin aboutir.
Je veux me souvenir de ça. Et c’est pour ça que j’écris ce journal — pour ne pas oublier que les semaines banales comptent autant que les autres.
