Ce journal de bord d’autrice indépendante retrace ma troisième semaine d’écriture, marquée par une migraine et la publication d’Emma sur Amazon.
Si l’enfer avait un nom, il s’appellerait migraine
Je traîne cette vieille amie depuis que j’ai 12 ans. Et même si aujourd’hui, elle semble parfois vouloir se détacher de moi, il y a des moments où elle redoute que je l’oublie. Alors elle arrive sans prévenir.
Et elle frappe fort. Très fort.
J’en ai fait l’amère expérience cette semaine.
Quand la migraine s’invite dans l’écriture
Tout a commencé par un rhume. Le nez d’abord tout doux. Puis cette journée où je consomme plus d’une boîte et demie de mouchoirs — plus de 120. Oui, j’ai compté.
Je déteste être enrhumée. Parce que, d’aussi loin que je me souvienne, ça a toujours débouché sur une migraine.
Alors cette fois, j’ai tout fait pour préserver ma tête :
Pharmacie.
Précautions.
Tentative de ménagement.
Mais comment se ménager quand une échéance aussi importante que la publication d’Emma sur Amazon approche ?
J’ai quand même essayé. Et j’y ai cru. Vraiment.
J’ai eu mal à la tête, mais rien de comparable à une migraine. Rien à voir. Je me suis dit : ça va passer.
Et puis… c’est arrivé.
Quand le nez s’est calmé, la tête a pris le dessus. Ma vieille copine s’est rappelée à mon souvenir.
Dire que ça a été douloureux est un euphémisme.
Allongée, cherchant désespérément quelle position adopter pour soulager un peu la douleur, j’ai repensé à une jeune fille avec laquelle j’avais travaillé un été, quand j’étais plus jeune.
Elle avait des migraines, elle aussi. Et elle allait directement à l’hôpital pour être mise sous morphine.
Punaise.
Je peux vous dire que j’aurais adoré tenter le coup moi aussi parce qu’aucun des médicaments que j’ai pris ne m’a sauvée.
Publier un roman sur Amazon quand on est malade
Et le travail, dans tout ça ?
Ce qui a rendu la semaine encore plus compliquée, c’est que j’avais ma copie à rendre.
Quand on organise une précommande sur Amazon, il y a une date butoir à laquelle le manuscrit doit être proposé sur la plateforme. Cette date est antérieure au jour de sortie officielle du roman.
Dans mon cas, Emma devait être mis en ligne avant le 26 janvier à minuit.
Sur le papier, on pourrait croire que j’avais le temps.
En réalité ? Pas du tout.
Parce que la révision d’un chapitre me prend en moyenne 2 à 3 heures, parfois même 4 heures.
Parce qu’ensuite, Doriane découvre le texte et me donne son avis.
Parce qu’après viennent encore des corrections, des relectures…
Tout ça prend du temps, et c’est normal. Mais quand on est couchée, en pleine crise, c’est dur.
Vraiment très dur.
Alors on se ménage.
Un chapitre.
On ferme les yeux.
Un autre.
On referme les yeux.
On avance péniblement, mais on avance quand même. On se laisse embarquer par un podcast qui, contre toute attente, nous motive. Allez, un chapitre de plus. You can do it.
On s’accroche, sans trop savoir comment, sans trop savoir à quoi :
Aux mains tendues.
À l’espoir d’y arriver.
À la peur de la sanction.
À la volonté de ne pas décevoir.
On s’accroche, on plie… mais on ne casse pas.
Chacun d’entre nous a ses limites. En les repoussant, on découvre parfois qu’elles sont plus loin que prévu.
Ce que cette semaine m’a appris en tant qu’autrice indépendante
De cette semaine de douleurs — et de peur aussi, parce que ne pas rendre la copie dans les délais peut entraîner la suspension de mon compte — je retiens plusieurs leçons pour la suite de mon aventure d’autrice indépendante :
– Plus jamais de précommande.
En soi, c’est une bonne option, mais si je prends en compte ma situation et ma santé, c’est un cauchemar.
– Prendre soin de ma santé.
Jim Rohn a dit :
« Prenez soin de votre corps, c’est le seul endroit où vous êtes obligé de vivre. »
Il a raison. Quand on est en bonne santé, on veut mille choses. Quand on est malade, on n’en veut qu’une.
Aujourd’hui, je suis à mon compte et l’écriture est mon gagne-pain. Je ne peux plus me permettre de me négliger.
Les mots ne s’écriront pas seuls sur mes pages Word. Ils ont besoin de moi.
Comme j’ai besoin d’eux.
– Être entourée.
J’ai toujours été une malade solitaire. Quand je ne vais pas bien, je préfère rester seule dans mon coin plutôt que d’être chouchoutée. Mais, je m’aperçois qu’il est bon d’avoir quelqu’un à ses côtés. Quelqu’un qui veille sur vous. Sur votre environnement. Parfois même sur votre business.
Une personne qui, par sa seule présence, vous donne envie de vous redresser, de vous donner un coup de pied aux fesses, et d’avancer.
J’ai la chance d’avoir cette personne. Sans elle, je ne suis pas certaine que j’y serais arrivée.
Et maintenant ?
Alors… l’aventure continue ?
Oh que oui ! Emma sera mis dans les temps sur Amazon. Je respecterai les délais imposés.
Et après ? Après, je soufflerai un peu.
Et je reprendrai le chemin de l’écriture.